Le Cotentin entre beauté et colère

Oh là là, qu’est-ce qu’il fait chaud ! On est en PLS, toutes cramées sous les toits de Paris, avec une furieuse envie de ne rien foutre sinon de se coller le c..l sur un glaçon, comme le dit si joyeusement un personnage de notre copine humoriste, Mélodie Fontaine, dans un petit sketch sur les réseaux. Cette chaleur est insupportable. Et on se remémore, avec regret, le bleu turquoise de la mer à Marseille.

Curieusement, on s’est aussi baignées dans le Cotentin, mais ce n’est pas à cette mer-là qu’on pense. Sans doute parce que quand on y est allées la deuxième semaine d’août. Il a fait tellement moche que l’eau n’avait pas ce côté rafraîchissant. Nouannipha, une amie de longue date, y avait loué un gîte à Digulleville.

Il a fait soleil une demi-journée. Le reste de la semaine, il a plu en permanence, avec le vent en supplément. Vous avez dit sécheresse ? Ah non, pas ici ! Mais qu’est-ce que c’est beau ! Les villages sont charmants, les plages et la nature sauvages et préservés. À couper le souffle ! Les vaches y ont des pâturages avec une vue de ouf sur la mer ! Ça ferait baver n’importe quel citadin en mal de grands espaces. Incroyable ! Oui, on l’avoue, on a envié ces Normandes qui paissaient sans trop contempler le paysage qui s’offrait à elles. Bon, il y a un hic, en plus de la météo… La proximité avec la centrale de Flamanville et surtout du site de retraitement des déchets radioactifs de La Hague. Sandrine n’avait pas réalisé que le Cotentin c’est aussi ça. Un petit bout de France sacrifié à l’aune du nucléaire. Elle a percuté en voyant les panneaux indiquant La Hague. Quoi ??? La vache, on ne m’a pas prévenue !

Les habitants n’ont de cesse de se battre contre l’agrandissement du site Orano, qui se targue sur son site d’être « le leader mondial dans le domaine du recyclage des combustibles usés provenant des réacteurs nucléaires du monde entier ». Si le monde entier pouvait garder ses merdes ! EDF prévoit d’y construire, sur un terrain de 10 hectares, une nouvelle piscine permettant d’entreposer 6 500 tonnes de combustibles usés. Alors ici et là, dans les villages, des pancartes contre ce projet, imposé à la population sans concertation, fleurissent sur les murs des maisons. La colère gronde. Force à eux !


Autre bémol, niveau bouffe, c’est pas fou. À part le Super U, le Supu, comme l’appellent les locaux, il n’y a pas grand-chose. On a fait un petit marché où il y avait de la charcuterie corse et du fromage auvergnat, et heureusement, un producteur de légumes du coin. Mouais ! À leur décharge, il faisait un vent de gueux et certains commerçants avaient renoncé. Idem pour la foire du mouton, qu’on n’allait pas rater, même si elle était balayée par des rafales à défriser les ovins. On y a eu de longues conversations avec les bestioles présentes. On a acheté un tableau et de la vaisselle aux artisans du coin, du cognac aux fruits de la passion délicieux à un pépé et une mémé. Nouannipha a acheté un gigot rôti, à un prix prohibitif… Bref, c’était chouette ! On s’est quand même régalées dans les petits restos, à emporter, de bord de mer : Le fish and chips, à côté du phare de Goury, et surtout le petit kiosque de cuisine réunionnaise, Ladilafé, à Port Racine, le plus petit port de France. Le rougail saucisses et les caris étaient à tomber. Bon, c’était leur dernière saison, mais nous, on en a bien profité. Miam, miam. Voilà, c’était beau et révolté comme on aime !


Cœur sur Marie-Ange et tous les habitants de cette région qui se battent, au quotidien, contre ce projet de piscine !

💙 Merci à Nounou pour cette belle semaine, à Margot (sa fille) qui nous a fait des gâteaux à tomber et cœur sur Marley, le plus mignon de tous les chiens !

Photos et réalisation : Sandrine et Muriel Zakri
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